La parole aux experts OneWealthPlace
Séminaire: Table Ronde - Data, Intelligence Artificielle et Blockchain, piliers de la transformation digitale des banques et de la gestion d'actifs ?
Transformer la gestion d'actifs grâce aux outils digitaux

Au cœur de l’actualité financière depuis plu- sieurs années, la transformation digitale des banques au travers des technologies toujours plus avancées est devenue une réalité et un enjeu concurrentiel sur lequel les banques investissent massivement. Quelques institutions annoncent déjà vouloir remplacer à terme leurs gérants par une forme d’Intelligence Artificielle. L’IA peut être plus ou moins complexe, reposant sur des algorithmes qui servent à prédire, prévoir et décrypter, explique Guillaume Dard (PDG de Montpensier Finance). Avec l’intensification de son utilisation et la complexification des algorithmes, on passera à un algorithme auto-apprenant très vite.

L’IA appliquée à la gestion d'actifs

Selon Philippe Collas (ancien Directeur Général délégué, Société Générale), les dernières avancées en termes d’IA posent toutefois des limites au modèle sans gérant. “Les marchés sont irrationnels […] donc les machines ne géreront pas mieux que l’homme ces irrationalités” au même titre que leur volatilité. Il en va de même pour la nécessité d’entretenir et surveiller le bon fonctionnement des systèmes de gestion. 

On parle d’Intelligence Artificielle “étroite” indique Pascal Koenig (Associé Responsable Industrie Asset Management chez Deloitte), visant à augmenter la capacité humaine avec le concept de “gérant augmenté”. Outre l’algorithme, les données et leur exploitation sont des éléments cruciaux. Le défi résidedans le traitement de données non seulement financières, mais aussi de données non structurées rattachées à certaines industries et permettant de donner de la vitesse dans la gestion grâce à l’analyse sémantique.

"Les marchés sont irrationnels [...] donc les machines ne géreront pas mieux que l'homme ces irrationnalités"

Philippe Collas, Ancien DGD, Groupe Société Générale

Réglementation et risques

L’implémentation de nouvelles technologies dans l’Asset Management ne pose aujourd'hui pas de limites réglementaires concrètes. La France a été le premier pays à accepter la Blockchain et voit des fintechs émerger exponentiellement. De nouvelles réglementations arriveront avec l’avancée de ces technologies et leur adoption. Les autorités serontégalement capable d’améliorer leurs méthodes de contrôle en travaillant sur des ensembles complets et non plus des échantillons grâce à l’IA (exemple du  KYC).

 

"On duplique un certain nombre de risques que l'on ne connaissait pas avant. Il y a un risque de dépendance. Avant on dépendait des vendeurs d'indices et des vendeurs de data, maintenant on va dépendre des GAFAB (Google, Apple, Facebook, Amazon, Blackrock)"

Pascal Koenig, Associé AM, Deloitte France

Le danger des marges décroissantes

Dans un contexte où les marges sont comprimées toujours plus chaque année, la gestion passive est en train de gagner du terrain. Les marges sont donc appelées à décroître pour les gestionnaires qui ne réagissent pas. Les sociétés de gestion subissent le même phénomène que les producteurs face aux grands distributeurs dans la plupart des industries. “Des petites sociétés de gestion vont toucher 50% sur des OPCVM classiques et lorsque vous cherchez des produits plus sophistiqués comme le private equity ou les hedge funds, vous tombez à 25% de la commission de gestion. On est dans une démarche complètement inversée : plus le produit est compliqué, moins le distributeur prend de marge” explique Philippe Collas.

C’est dans cette optique que nous travaillons avec des acteurs comme OneWealthPlace, qui propose une solution basée sur la blockchain permettant de réduire fortement les coûts de la gestion des données et rendre le système de distribution global beaucoup plus efficient, indique Guillaume Dard.

A l’heure des MiFID II et PRIIPs, les contraintes réglementaires viennent également impacter les marges. “La gestion d’actifs a longtemps été en pricing power, on ne l’est plus d’une part parce qu’il y a le coût des contraintes qui ne s’effrite pas” déclare Pascal Koenig. “Les sociétés de gestion sont toujours parties sur le principe que la performance était suffisante. Or la performance n’est pas suffisante.” Avec plus de 55 000 fonds en Europe, la différenciation est devenue un enjeu de taille. D’où l’intérêt pour les sociétés de gestion de travailler leur stratégie marketing et d’offrir des produits en phase avec les aspirations et objectifs des investisseurs.

Des solutions technologiques pour l’optimisation des marges

Aujourd’hui, le problème du gérant d’actifs est de traiter l’infinité d’informations. “On comprend bien que l’IA sera clé dans notre métier car notre cerveau, quelle que soit sa taille, et notre temps de travail dans une journée ne suffiront pas” note Pascal Koenig. L’IA permettra de synthétiser la masse d’information et d’en extraire ce qui est essentiel pour les gérants. Il sera alors possible de retrouver de la marge pour les producteurs et distributeurs, notamment grâce à un remodelling du parcours client. Il en va de même pour le traitement des données qui sera fluidifié avec l’association de l’IA (gestion personnalisée) et blockchain (rapidité, contrôle) qui généreront des économies de coûts considérables.

"La digitalisation du monde pousse à l'efficience globale"

Guillaume Dard, PDG, Montpensier Finance

 

La table ronde a été animée par Fanny Berthon, journaliste économique à BFM Business et a rassemblé plusieurs décideurs spécialisés en gestion d’actifs et en gestion de fortune dont Paul Raphaël, Vice Chairman chez UBS Wealth Management, Guillaume Dard, PDG de Montpensier Finance, Pascal Koenig, Associé Responsable de l’Industrie Wealth et Asset Management chez Deloitte France, Joop von Gennip, Membre du Directoire chez Neuflize OBC et Philippe Collas, ancien Directeur Général Délégué à la Société Générale.

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