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La blockchain va-t-elle disrupter l’activité ETF avec un modèle sans tiers de confiance ?

Thursday 03 May, 2018

Avec désormais plus de 5 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion au premier trimestre 2018, le secteur des ETFs (fonds indiciels) a explosé au cours des deux dernières décennies. Il existe aujourd’hui davantage d’indices dans le monde que de titres cotés; on en compte des dizaines de milliers avec des combinaisons d’actifs infinies, nous explique Arnaud Llinas, Responsable de Lyxor ETF.

L’objectif de l’asset manager est de traiter correctement l’information. C’est une problématique cruciale dans le domaine de la gestion d’actif, exacerbée aujourd’hui par la nécessité d’une transparence accrue auprès des clients et régulateurs. Composition des fonds, risques de contrepartie, collatéraux… la transparence est totale à l’ère des PRIIPs et autres MiFID II.

À Lyxor ETF, le fardeau réglementaire lié à l’information se traduit par un budget de 2,5M€ nécessaire pour recruter des analystes et développeurs, s’équiper en IT et maintenir des abonnements aux différents data vendors (Bloomberg, Reuters, etc.). Malgré le rôle primordial de ces acteurs sur le marché, ils reposent bien souvent sur des technologies vieillissantes (SMTP) et seul 1 client sur 10 chez Lyxor ETF utilise les APIs (application programming interface).

Comment optimiser cela dans un domaine ultra compétitif caractérisé par une pression sur les marges, des produits très similaires et une guerre des prix totale ? Selon Arnaud Llinas, la mutualisation des coûts (du traitement des actifs, du reporting) est prometteuse. Rompre la relation bilatérale sur laquelle le modèle d’accès à l’information repose changerait la donne en termes de coûts. De là découle l’évidence du modèle décentralisé qu’offre la blockchain.

L’augmentation du volume des ETFs distribués contribue à l’explosion de la demande d’information et “si nous ne faisons rien, notre budget data va augmenter linéairement en fonction du nombre de distributeurs” déclare Arnaud Llinas. Selon lui, les nouveaux entrants utilisant les nouvelles technologies (tels les robo advisors) ne coûtent pas très cher à intégrer. “C’est la transformation des modèles existants qui est extrêmement coûteuse. Et là il y a un univers de développement.”

Concernant les transactions, le blockchain permettrait de fluidifier le processus de settlement, aujourd’hui encore à J+2 pour les ETFs. En revanche, le développement de la technologie induit de potentielles menaces pour les managers : “si les asset managers traditionnels arrivent à se passer de la bourse pour avoir une relation directe avec leurs clients, c’est peut être l’arroseur qui va se faire arroser”. A terme, la blockchain permettra aux différents agents de s’affranchir d’un tiers de confiance dont le rôle est aujourd’hui rempli par des chambres de compensation et autres dépositaires. Pour l’instant, c’est encore de la science fiction, estime le Responsable de Lyxor ETF.